Les aventures d'une muletière inexpérimentée, et de sa jeune mule Ulsan.
De belles images plein la tête, nous rentrions samedi par les
mornes autoroutes. Au péage de Reims, mon portable a sonné. Ma mère m’annonçait la mort de ma Grand-Tante. La vie est mal foutue (et la mort encore plus), je n’aurais même pas pu la voir et
profiter de sa jovialité une dernière fois.
La pâture, plus que jamais, a joué cette semaine son rôle de bulle verte protectrice.
Dimanche matin, j’ai retrouvé mes trois paires de longues zoreilles pour un pansage et quelques gratouilles. Pink me battait froid (je pense que le produit anti-mouche lui avait laissé un mauvais souvenir). Le soir, je retournais, et la mule est venue à moi ! Nous avons vécu un très beau moment d’osmose (j’ai conscience, en employant ce mot, de froisser notre ami Rocambole…). J’ai pu toucher plusieurs fois le front et la tête en général de ma satanée mule, sans provoquer chez elle ce détestable réflexe de retrait, comme si elle se prenait une décharge électrique à mon contact. C’était beau, et je n’ai pas abusé de la situation en voulant la câliner à tout prix.
Les jours suivants, je n’ai pas retrouvé cette harmonie, mais la mule se montrait toujours aussi pot de colle, à éjecter les deux ânes qui réclamaient eux aussi un peu d’attention pour avoir son grattoir humain à elle toute seule.
Ce soir, après le cheval, petit détour à ma désormais deuxième visite du jour à la prairie : Ulsan a commencé à venir vers moi mais elle s’est arrêtée en chemin pour brouter un brin d’herbe. Je me suis accroupie et elle a fini le trajet qui nous séparait, se mettant perpendiculairement à moi, à portée de ma main pour les gratouilles.
J’ai accompli un autre petit miracle : j’étais encore accroupie, j’en ai profité pour choper son antérieur droit tranquillement. Et comme elle s’est mise en position de repos, avec le postérieur droit relâché, j’ai saisi l’occasion et le postérieur en question : elle n’a même pas botté ou mal réagi. Quelle adorable mule ! Pascal et Maman l’ont trouvée également beaucoup plus calme et ils l’ont caressée.
Il faut vraiment que les progrès continuent pour que je puisse remettre le licol.
PS : Merci Maryse de m’avoir rappelée que j’avais au moins une lectrice, sans cela, je n’aurais pas eu le courage de réécrire.