Les aventures d'une muletière inexpérimentée, et de sa jeune mule Ulsan.
Pas mécontente que ce week-end de merde se termine. Pas mécontente d’aller au boulot.
Se rendre à la pâture ces deux derniers jours n’était pas une sinécure.
Aujourd’hui, Pierre a du se taper la corvée d’appeler l’équarrissage, qui ne peut pas venir avant mercredi, qui ne prend pas les animaux dans la pâture et qui sont malheureusement en monopôle dans la région. Ma mère et moi étions écœurées ce midi par leur manque de respect des animaux, aussi morts soient-ils, et de leurs propriétaires. Mon oncle a donc du se démerder seul, je n’ose imaginer dans quelles conditions, pour que l’ânesse soit dans la cour.
« Les ânes pleurent-ils ?» se demandait un lecteur du Cahier des Anes dans le dernier numéro. Je crois que c’est Jacques Clouteau, l’heureux propriétaire de l’âne Ferdinand, qui répondait qu’il existait de nombreux témoignages en ce sens. Pierre nous avait d’ailleurs raconté qu’une fois, Mimoun s’était cassée la figure et était lourdement tombée sur ses genoux. Des larmes avaient alors coulé. Au téléphone, quand je lui ai demandé comment s’étaient comportés les ânes au moment où il retirait le corps m’a répondu que Pink avait pleuré, puis qu’elle s’était remise à brouter. Je ne veux pas faire d’anthropomorphisme et je ne tire aucune conclusion. Il y a sûrement une explication physiologique. En revanche, je me demande comment Pink va évoluer. Nos ânes et la mule fonctionnaient par couple. Mimoun et sa mère, Arthur et Ulsan. Pink n’est pas forcément agréable avec les deux petits jeunes, et ne cherche pas nos caresses. J’espère qu’elle ne va pas se sentir seule. Demain soir, il va falloir que je prenne mon courage à deux mains pour voir mon petit troupeau.