Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 18:30

La petite séance d’équitation d’hier vaut bien un petit article.

Nous étions cinq à avoir bravé le froid pour monter ce vendredi soir. Cinq parmi lesquels une soupirait beaucoup, une autre était assez démotivée et une troisième baillait aux corneilles. La quatrième revenait du ski et ne voulait rien se cassez puisqu’elle avait réussi à rester intacte de son séjour et la cinquième… ma foi, elle ne nous a pas fait part de ses états d’âme. Autant dire que nous débordions d’enthousiasme, mais nous voulions quand même sautiller.

Après avoir préparé nos montures, nous nous sommes mises en selle : Maryse sur Happy, Manue sur Ranzo, Tiphanie sur Vénus, Noémie sur Orenzo et moi sur Ulsan. Nos bestiaux, qui n’ont pas vu le paddock depuis plus d’une semaine étaient un peu… énervés. Et moi j’étais un peu stressée parce que Pascal, accompagné de son pote Manu et des chiennes, devaient venir nous voir et je n’osais pas imaginer le bazar supplémentaire que cela ne manquerait pas de provoquer sur la mule. Elle était déjà super pénible avec ses camarades. Ce n’était plus de simples intimidations mais carrément des agressions caractérisées. A un moment, nous avons même décollé !

Nous avons tout de même détendu nos montures avec des changements fréquents d’allure et de direction. Le moment du galop est arrivé : Ulsan, bien sûr, n’a fait que quelques foulées. François a alors pris la chambrière magique et la mule a galopé ! Et elle a décoché quelques ruades au passage en direction du moniteur. Vieille bique ! J’ai failli tomber quand elle a renversé dans sa course folle un chandelier. Une crampe est alors apparue dans mon mollet gauche. Sans doute trop contractée que j’étais. Je veillais pourtant à bien respirer comme me l’avait préconisé Maryse. J’ai dû mettre pied à terre car cela devenait super douloureux. Après quelques étirements (et en tête le bon conseil de François « manger du chocolat ! »), je me suis remise en selle.

Notre moniteur a mis en place l’obstacle, le long du mur : un petit croisillon que nous avons bien franchi au trot. Ranzo a regardé l’obstacle avec des yeux écarquillés, comme si c’était la première fois de sa vie qu’on lui demandait de sauter. Vénus, qui avait déjà sauté en liberté, sautait elle pour la première fois avec sa cavalière sur le dos : pas mal du tout ! Même pas peur et même pas dans la précipitation.

Le croisillon s’est transformé en petit vertical. Ulsan a pris d’elle-même le galop et a bien sauté. François a ensuite placé une barre de réglage : elle n’était pas adaptée aux foulées de la mule et j’ai attendu mon tour (avec un mal de bide et une légère envie de vomir… tout un programme !). Les filles ont tout bien fait comme il fallait. Ulsan et moi avons tendu l’oreille : une voiture se garait dans la cour. Maya s’est mise à aboyer. La mule était interloquée. Et c’était à mon tour. « Nan, attends, y’a mon homme qui arrive ». Mais point d’homme à l’horizon. L’a bien fallu y aller. Ulsan ne voulait plus aller au fond du manège. François l’a encouragée de la chambrière (sans jamais la toucher…) et ouah, en coupant à fond sur le virage, au galop, Ulsan a franchi la barre et juste après, elle a braqué direct vers les potes et a stoppé net. « Tu y retournes ». « Rho là là… ». Rebelote pour une trajectoire hasardeuse et un saut de malade ! Nouvel arrêt net SUR les potes. J’ai de nouveau failli me vautrer, j’étais la tête en avant, sur la droite de l’encolure, la mule continuait de bouger et par miracle, je me suis redressée. Les filles m’ont applaudi ! « Euh, je pense que je dois y retourner ? ». Petit sourire en coin, limite sadique, de notre moniteur. « Bon, OK, j’y retourne ». J’ai réussi  à aller dans le fond du manège, Ulsan a pris le galop et a encore fait un super saut. Et encore un arrêt net après la barre, mais bon… Là-dessus, les garçons sont arrivés (sans les chiennes, retournées dans la voiture). En fait, ils avaient eu du mal à  trouver l’astuce pour rentrer - des briques coincent la porte -  et ils ont raté mon spectacle sensationnel.

Mon mal de ventre a duré quelques heures encore après le cours et surtout, j’avais ce sale goût dans la bouche. Un sale goût qui m’avait un peu quittée ces derniers temps, le goût amer de l’insatisfaction. François a appuyé là où ça fait mal en me rappelant que quand je m’énervais et m’épuisais à demander quelques chose que la mule n’a pas envie de faire, cette dernière gagnait et parvenait à ses fins (en faire le moins possible en l’occurrence !). Je me sens si vite débordée par ces kilos de muscle et de volonté ! Il lui faudrait un cavalier confirmé, sûr de lui et aux nerfs solides… avis aux amateurs !

Par la muletière - Publié dans : Ulsan des clubs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Saines lectures

Mules et mulets des animaux d'exception, d'Eric Rousseaux
Un très beau livre richement illustré (vieilles cartes postales, dessins, gravures, timbres ou photos actuelles)sur l'histoire de l'industrie mulassière. Le texte, parfois un peu rébarbatif mais très documenté, est ponctué d'extraits littéraires (Alphonse Daudet avec la mule du pape ou encore Victor Hugo en voyage dans les Alpes et les Pyrénées...). Très vivement recommandé!

Mon âne: le comprendre, l'éduquer, jouer avec lui, de Lucie Bland

Ce livre, simple, précis, intelligent, et bien illustré, a été écrit par une jeune fille de 15 ans. J'adore ses méthodes d'éducation, basées sur le respect et la confiance réciproque entre l'ânier et son âne. A mettre d'urgence dans toutes le biblitohèques asines.

Les cahiers de l'âne
La revue des bourricots. Quel dommage qu'elle ne paraisse que tous les deux mois... Et depuis les deux derniers numéros, on peut retrouver un dossier sur les mules!

Voyage avec un âne dans les Cevennes, de Louis Robert Stevenson
En plein questionnement amoureux, l'auteur de L'île au trésor (que je n'ai même pas lu, honte à moi), décide d'aller réfléchir au grand air. Il part donc dans les Cévennes, à la recherche de l'histoire des Camisards. Il prend comme porte-bagage Modestine, une ânesse pas super obéissante (une ânese quoi) qui se prend pas mal de coups dans la tronche. Le courant finit par passer, mais leur belle histoire se finit par la vente de Modestine à l'issue du périple.

Mon amie Flicka et Le fils de Flicka, de Marie O'Hara
Je suis pasée à côté durant mon adolescence. Il faut dire que celle-ci n'a pas été bercée par l'amour des chevaux. Heureusement que Manue, ma belle soeur, et Hélène, ma topine, étaient là pour combler cette insoutenable lacune. Elles m'ont filé les bouquins. Je m'attendais à un truc mièvre et enfantin, et j'ai été agréablement surprise par la rudesse de ce récit. Ma petite U - pas super bien proportionnée il faut bien l'avouer - est-elle comme le Gnome? Je l'espère!

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés