Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 10:16

Nous avons autour de nous un tas de miroirs qui nous renvoient une image globale de notre petite personne : les collègues, les amis, les conjoints, la famille… Ces miroirs là me donnent une image regardable. Pas exceptionnelle, mais regardable. Mais ces miroirs là se brisent en mille morceaux face au plus puissant miroir de mon entourage : Ulsan. Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi je lui donne une telle importance : peut-être parce que c’est un animal et qu’elle ne ment pas ? Bref, hier soir, elle m’a renvoyé ces mots, en lettres capitales, en pleine face : INCOMPETENCE, MANQUE DE SERIEUX.

Tiphanie et moi avions prévu une petite balade au pas au village. Il faut l’avouer, j’étais un peu stressée puisque cela fait deux mois que je ne suis pas sortie avec ma mule. Je suis donc arrivée une heure avant à la ferme pour détendre Ulsan dans la petite carrière. Je suis allée cueillir ma belle au paddock. Après avoir passé le petit portique, une bâche a claqué dans le vent et la mule a pris peur. J’ai essayé de ne pas la lâcher… mais bon, j’ai perdu. Je l’ai vite rattrapée, elle s’est vite rebarrée. A nouveau attrapée… à nouveau sauvée. Grrrr. Et là, c’est devenu un joyeux bazar quand  la mule a galopé à travers toute la cour. Jennifer, la femme de François, est venue à la rescousse en se plaçant à l’entrée de la cour. Des gamines armées d’un saut de granulé appelaient la fugueuse. La chienne Ibi coursait un peu la mule pour le fun. Quand parfois la mule s’arrêtait, elle repartait comme une folle quand je voulais reprendre la longe. Je commençais à fulminer, mais l’apothéose a été atteinte quand monsieur V., heureux propriétaire de la ferme, m’a crié à peu près ceci : « Va falloir que tout ça s’arrête, ça commence à bien faire, elle abime la pelouse !». Je lui ai craché une ou deux amabilités avant de repartir, rage au ventre, larmes aux yeux, à la chasse à la mule. Je l’ai chopée… et je me suis vautrée quand elle m’a de nouveau échappée. J’étais devenue une vraie gonzesse en pleine crise de nerf. Jennifer m’a de nouveau aidée quand j’ai rattrapé la mule. Je lui ai refilé la longe, je ne pouvais plus rien maîtriser. On a mis Ulsan au box, je suis allée faire un tour pour tenter de me calmer, j’en ai profité pour envoyer un texto à Tiphanie : « J’ai plus envie de balader ! ». De retour aux écuries, Ulsan m’a gentiment appelée. Je ne lui en voulais même pas, mais punaise, que je me détestais, que je me trouvais nulle. Il y avait plein de cavalières autour de moi, pleines de sollicitude et je chialais et rigolais à la fois. Crotte de bique, ça m’énervais de me montrer si faible ! Je ne suis pas une vraie fille : je ne sais pas me fringuer, je ne sais pas me coiffer, je ne me maquille pas, j’explose tous les verres quand je fais la vaisselle, je ne fais jamais de shopping en ville… mais je chiale. J’ai fini par me maîtriser un minimum et j’ai sorti la mule pour la panser. François est arrivé. Rechialade/rigolade le temps d’expliquer les mésaventures. Il est allé chercher une grande longe, il l’a attachée au licol en plus de ma longe et il m’a proposé d’aller le long des paddocks. Grosse angoisse à l’idée de sortir, mais il le fallait. Je tenais la longe, François, un peu en retrait, tenait la longe de secours au cas où. Ulsan s’est à peu près tenue à carreau jusque le bas des paddocks et elle a commencé à me dépasser. François m’a expliqué des choses que je savais, mais que je n’arrivais même plus à faire. On prévient d’un coup sec de la longe et si elle dépasse, coup de longe sur le bout du nez. On a remonté les paddocks et j’ai dû sévir une fois. Nouvelle angoisse après le portique. Ulsan commençait à faire l’andouille, j’ai sévi, elle a arrêté. Nous avons refait le chemin inverse et c’était nickel : retour aux écuries. Notre moniteur est vraiment un type bien : « A chaque problème sa solution, s’il le faut, on prendra du temps, mais on va régler ça ». Les bons mots au bon moment. Je me sentais mieux, j’ai brossé une mule qui ne bougeait pas d’un poil. Tiphanie est arrivée. Je n’étais pas encore assez sûre de moi au point d’aller me balader et je voulais finir sur une bonne note avec Ulsan. Une balade à pied au village pour accompagner Tiphanie sur Vénus était parfaite. La petite jument a été adorable, parfois un peu vive mais rien de méchant. Au retour, après le passage à niveau, Tiphanie m’a proposé de monter. Vénus a été impeccable !

La prochaine balade se fera avec Ulsan. Mais j’ai fait un sérieux pas en arrière côté confiance en moi avec la mule. Je crois que je vais beaucoup solliciter François dans les jours à venir ! En espérant que mon petit miroir roux et poilu me dise un jour que je suis la plus belle, uh uh uh !

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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 18:29

Lundi soir, j’ai monté Ulsan en présence de quelques exemplaires des Caval’Déj’ (Maryse, Messaline et Tiphanie). Ce n’était pas trop mal même si Ulsan a fait l’anguille à main droite : Maryse m’a donné quelques conseils avisés, comme la contrarier en lui faisant faire des cercles. Pour le galop, c’était à nouveau la misère et là encore, Super Maryse est intervenue en allant chercher la chambrière. Elle n’a pas eu à l’utiliser, Ulsan a maintenant compris qu’elle devait prendre le galop quand quelqu’un approche avec l’instrument. J’ai juste failli me manger le mur après un brusque changement de direction… J’ai un peu mieux assuré au tour suivant.

Cet après-midi, j’avais engagé Pascal pour me soutenir moralement et physiquement auprès de ma mule. Il faisait beau, un temps idéal pour une petite balade à pied au village. Ulsan était encore au box. Elle me semblait un peu énervée quand je l’ai pansée, ce qui a un peu plus augmenté mon niveau de stress. Je lui ai enfilé le chifney au dessus de son licol, j’ai confié la longe reliée au chifney à Pascal, en lui recommandant de ne s’en servir qu’en cas d’urgence. Mon homme n’avait pas du tout l’air affolé, il y en avait au moins un dans cette histoire qui était serein. « On fait un essai le long des paddocks ou on y va direct ? ». « On y va direct ». La petite chienne Ibi nous a accompagnés dans la cour, je pensais qu’elle finirait par faire demi-tour mais non, elle était prête aussi pour une balade. Ulsan était super sage ! Elle n’a même pas trop cherché à saluer les poneys des moniteurs qui se trouvent en pâture et elle n’a pas sursauté au niveau des palettes indiquant la barrière de dégel. Au village, aucune réaction non plus face à un camion qui faisait une manœuvre. Les banderoles contre la fermeture d’une classe devant l’école ne lui ont fait aucun effet non plus : toute son attention était concentrée sur la chienne (elle me stressait bientôt plus, à divaguer dans la rue, que ma mule). Si Ibi était un peu en retrait, Ulsan s’arrêtait pour l’attendre. Au retour, pas de problème non plus. Nous l’avons attachée aux écuries pour que je lui cure les pieds. François a sorti Ranzo : Ulsan s’est un peu énervée de le voir partir et du coup, j’ai rappelé Pascal pour mener Ulsan au paddock. Petite frayeur au niveau de la bâche, mais mon homme a assuré. Devant le paddock, j’ai hésité avant d’enlever le chifney… ça devient grave ! Pascal m’a rassurée, et il avait raison, elle n’a pas fait de difficultés. Il s’est d’ailleurs bien foutu de moi en me disant qu’elle était trèèèès sage et qu’il ne comprenait pas ce qui clochait. Ben, c’est moi qui cloche, tout simplement !

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Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 18:42

Pour un blog en hibernation, je le trouve plutôt actif… à l’image d’Ulsan, qui, a y’est, a embêté François. Vendredi soir, ce dernier m’a raconté ses aventures avec la mule : il l’emmenait au paddock avec Ranzo et à l’endroit où elle m’avait échappée, elle a coincé son cousin puis a coincé le moniteur avant de s’enfuir vers les paddocks. Le lendemain, il la rentrait avec Ranzo, et au même fichu lieu maudit, elle a tenté une escapade. François a lâché Ranzo mais il a tenu bon avec la mule et a réussi à l’arrêter. Chapeau bas. Mumule s’est fait remettre à sa place. Pour la peine, il l’a traitée de vieille bique. Mes grandes zoreilles rousses ont déjà entendu pire…

Pour la séance de ce vendredi, nous avions un peu de saut au programme. Nous étions assez nombreuses dans le manège. Ulsan a tenté deux attaques en règle, je l’ai réprimandée et elle n’a plus recommencé. Quand nous avons galopé, j’ai décidé de m’insérer dans le groupe de Ranzo, Happy et Orenzo. A main gauche, je n’ai fait que quelques malheureuses foulées, mais à l’autre main, j’ai presque fait deux fois un tour complet, sans intervention de la chambrière. Notre moniteur a installé un croisillon après le virage du fond. Je me suis élancée en premier. Ulsan a pris d’elle-même le galop et a fait un bon saut, pas centré, sans aller en ligne droite ensuite mais sans rejoindre d’un coup les camarades. Au tour suivant, je me suis hélas mise à réfléchir, à ajuster un peu trop mes rênes et la mule n’a pas pu aussi bien s’exprimer que la première fois. Un petit vertical a été placé à quelques foulées du croisillon : encore de bons sauts ! Mais moins d’impulsion que le premier. Ulsan les a pris à chaque fois sur le côté, près du mur, donc là où c’était le plus haut. J’étais très contente d’elle malgré tout.

Cet après-midi, j’avais rendez-vous avec Amélia et Tiphanie pour une détente dans la grande carrière avant d’aller faire un tour au village. Tout le monde a été très sage sur le sable de la carrière. Amélia a travaillé Petite Rivière dans le calme et a préféré ne pas la galoper. Tiphanie a elle aussi obtenu un trot tranquille de la part de Vénus puis a galopé assez tranquillement aussi. Ulsan était focalisée sur la chienne Ibi mais n’a pas fait de bêtises. Elle a bien galopé aux deux mains : je n’ai pas été gourmande et je lui ai redemandé le trot avant qu’elle ne ralentisse d’elle-même. Nous pouvions quitter sereinement la carrière pour la petite balade au pas. Nous avons mis pied à terre pour dépasser la palette indiquant la barrière de dégel et nous sommes remises en selle. Ulsan était en tête quand Ibi est arrivée derrière nous à fond la caisse avant de nous dépasser comme une fusée. Ma mule a eu peur et a galopé. J’avais le releveur : pas de problème pour l’arrêter. Derrière moi, tout allait bien. Au village, nous avons bifurqué à gauche pour faire le tour en sens inverse par rapport à d’habitude. La mule, apparemment, calmait bien les juments.

27.02.12

Dans la rue principale, nous avons perdu la petite chienne, partie à la chasse aux lapins. Les juments avaient peur d’une borne à incendie et d’une boîte aux lettres : j’ai mis Ulsan en tête, mais elle n’avançait pas bien, perturbée d’avoir été laissée tombée par Ibi. Nous avons ensuite eu le droit à un peu d’action quand un énorme tracteur avec son énorme remorque est arrivé vers nous. Ce n’est pas le genre de truc à effrayer ma mule, mais c’était sans compter sur un gamin qui s’amusait à balancer non loin de là sa balle sur un grillage. Mumule a fait demi-tour plus départ au galop. Là encore, je l’ai vite arrêtée. Je n’arrivais pas à lui faire dépasser le tracteur, les filles et leurs montures n’y parvenaient pas non plus. J’ai mis pied à terre, j’ai fait un grand sourire au cultivateur qui, gentiment, a coupé le contact. Ces horribles dangers dépassés, nous avons terminé tranquillement la balade.

Même si ça a un peu remué, sortir avec les copines m’a fait un grand bien !

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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 16:38

Jeudi, Messaline lançait une annonce : « Cherche volontaire(s) pour aller en balade samedi matin vers 9h30 à la ferme ». Maryse lui a vite répondu OK pour un trotting. Chouette, pour une fois, j’étais dispo un samedi et je me suis donc tapée l’incruste !

Ce même jeudi, Tiphanie avait longé Ulsan, avec moi dessus, la plus passive possible mais présente au cas où la mule chercherait des ennuis, chose qu’elle n’a pas faite ! Très sage, au pas et au trot.

Vendredi soir, je n’étais pas en grande forme et je n’étais pas très satisfaite de ma séance. Nous avons fait des cessions à la jambe, au pas et au trot et Ulsan se défendait un peu à main gauche. J’ai à peine galopé et je n’avais même pas envie que François m’aide avec la chambrière.

3.03.12bisCe matin, j’étais encore un peu barbouillée, mais plus en forme que la veille. Messaline, Maryse et moi nous sommes retrouvées à la ferme comme convenu. Nous avons préparé nos montures, notre moniteur a enfermé sa chienne, et zou, en voiture Simone ! Dès la sortie de la cour, Happy a fait un petit galop sur place parce que des cônes de chantier s’en étaient pris à lui. Ulsan n’en avait cure et elle est passée comme une fleur. Petite Rivière regardait mais ne s’affolait pas. Au passage à niveau, deuxième embrouille : Maryse avait traversé, Messaline était sur la voie et moi encore bien derrière quand le signal s’est mis en route. Heureusement, Messaline est revenue vers moi. Ulsan était en semi panique parce qu’elle ne voyait plus Happy Boy, et je n’ose pas imaginer son état si elle avait été séparée des deux chevaux le temps que le train passe ! Nous nous sommes retrouvées saines et sauves de l’autre côté de la barrière et avons tranquillement continué notre chemin dans le village. Nous avons pris la petite côte à gauche et en haut, les filles se sont mises au trot tandis qu’Ulsan suivait au petit galop. Chaque fois que j’arrivais dans les fesses d’Happy, je repassais au trot et chaque fois que nous nous en éloignions, nous les rattrapions au galop. Sur le goudron, nous sommes repassées au pas. Aucune panique de la part de nos équidés quand deux motos cross nous ont croisés. Idem avec un tracteur un peu plus loin.

3.03.12

Nous avons pris le chemin à gauche, celui où on a l’habitude de galoper. Les filles s’en sont tenue à leur programme de trotting tandis qu’Ulsan galopait gentiment derrière. Nous sommes repassées au pas le temps de tourner à droite, sur un chemin herbu que je n’avais jamais pris. Une piste idéale de galop. Donc, comme d’hab jusqu’à présent, j’alternais trot et galop derrière les filles. Mais Ulsan avait pris ses vitamines et au lieu de repasser au trot dans les fesses d’Happy, elle a fait son gros bulldozer pour passer prem’s, au galop. J’entendais les sarcasmes derrière mon dos : « Tiens, une mule qui s’emballe ». Pfff. J’ai réussi à la repasser au trot et les filles ont réussi à me doubler sans se faire trop attaquer. Nouvelle bifurcation à droite et nouveau chemin herbu façon piste de galop. Les chevaux chauffaient de ne pas pouvoir galoper. La mule ne se posait toujours pas de question (moi non plus d’ailleurs…) et galopait joyeusement… jusqu’à doubler de nouveau les potes ! Comment elles les avaient dosés ma mule de compet’ ! Finalement, les filles m’ont demandé de rester devant, leurs chevaux pouvaient trotter sans chercher à s’approcher des postérieures légers et aériens de la mule… Ulsan m’a bluffée : elle galopait tranquillement en tête sans avoir peur de rien. J’étais super fière d’elle !

3.03.12quatAu bout de ce chemin, nous avons repris le pas pour terminer la balade dans le calme. Ulsan était rincée et se trouvait à nouveau loin derrière les chevaux. Elle a un peu fait l’andouille pour les rattraper puis s’est vite calmée. Nous étions presque arrivées au village quand nous avons aperçu un 4X4 tractant une remorque. Au lieu de nous attendre à l’intersection, il est venu à notre rencontre. Heureusement, nos braves montures n’ont pas moufté quand nous avons frôlé la voiture. Fin de balade tranquille et assez lente dans mon cas. Nos équidés étaient en sueur et Ulsan a eu le droit d’inaugurer sa belle couverture polaire, ce qui a fait dire à Maryse une méchanceté du genre « Avec ça, elle a l’air docile ». Ah, c’est moche la jalousie ! 

3.03.12ter

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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 17:28

Ah y’est le blog a été à l’abandon pour de vrai. Je me dois cependant d’y ajouter un article relatant les dernières nouvelles, dans lesquels on trouvera deux chutes…

Punaise

Il y a quinze jours, nous n’étions que quatre en reprise (Maryse, Delphine, Marine et moi). C’était le retour dans la grande carrière et comme d’hab, j’étais un peu stressouille. Nous sommes descendues en passant par le chemin goudronné : j’étais en selle sur ma belle que je surveillais de très près. En bas de la côte, nous allions bifurquer à gauche vers le bac à sable quand Ulsan a pilé. J’ai mis des jambes et elle a fait un quart de tour vers la gauche, en direction de la côte. J’ai fait une sorte de rêne d’ouverture très moche à droite, Ulsan m’a arraché les rênes des mains et m’a entraînée dans la direction opposée, vers un petit fossé dans une haie. Je sentais que je ne maîtrisais plus rien et pouf, je me suis retrouvée à terre accrochée par le bouson dans le barbelé. Comme dans les dessins animé, j’ai vu des petites étoiles, puis je me suis affolée car je respirais avec difficulté. Je me suis calmée en me rendant compte que je n’avais rien de cassé et François est venue me libérer.

Punaise

Bref, Messaline a aidé notre moniteur à rattraper Ulsan, je me suis assise sur une belle chaise de jardin, pliée en deux pour respirer normalement, et j’ai admiré François qui a monté la mule. En réalité, les premières minutes étaient plutôt moches : pas de direction, pas d’arrêt, mais très vite, il a repris le dessus et la mule était bien en avant et elle a super bien galopé avec la direction en prime.

Le lundi, j’avais encore le dos en compote et j’ai bossé l’affreuse bestiole à pied (nickel !) puis Amélia l’a un peu montée sans soucis.

Une semaine plus tard, j’ai assisté à la reprise du vendredi à pied (notons au passage qu’il n’est nul besoin de mettre une mule dans une reprise pour avoir un sacré joyeux bazar…) et cette semaine, je suis enfin remontée. Mercredi après-midi, Manue, Léa et moi sommes allées à la ferme. Manue était à pied et Léa montait Ranzo. Nous avons bossé sous un beau soleil dans la grande carrière. Ulsan n’a pas fait de bêtise mais elle manquait totalement d’impulsion et comme d’hab, je n’ai obtenu que trois foulées de galop à chaque demande. Léa l’a ensuite monté un peu sans soucis. Nous sommes repassées par les paddocks pour remonter, nous avons croisé les chevaux de club sans problème, Léa a pris le trot pour remonter, moi, je suis sagement restée au pas… jusqu’à ce qu’Ulsan se rende compte que son cousin était loin d’elle et zou, elle est partie au galop comme une fusée… Bon, ben elle a de l’impulsion quand elle veut ! Un peu plus tard, alors que nous pansions nos montures au grand air, Manue m’a dit que je manquais de caractère et d’efficacité et François qui passait par là en a jouté une couche en précisant que la mule avait un peu le dessus.

Punaise

Pourtant, ce sont des critiques et des jugements de valeur que je me fais depuis plus de trois ans, je devrais m’y faire, mais non… Notre moniteur m’a promis de m’aider pour la reprise du vendredi. Ouf.

Hier soir donc, nous sautions. Pas de problème pour se rendre dans la grande carrière ! Détente au pas et au trot, avec une direction digne d’un semi-remorque, mais une direction tout de même. J’ai pris le galop et j’ai bien suivi les conseils de François : quand je sentais que l’impulsion faiblissait, je prenais les deux rênes dans une main et mettais un petit coup de stick à l’arrière de la jambe. Et ça marchait ! Trop contente d’avoir fait une longueur, j’ai repris le trot. Et là, François a crié : « Mais non, continue ! ». J’ai alors soudainement eu une grande tendresse pour tous ces mauvais élèves, plein de bonne volonté, qui lèvent la main en criant « M’sieur, m’sieur ! » et qui donnent une réponse totalement à côté de la plaque. Pauvres d’eux, pauvre de moi.

Punaise

Nous avons ensuite commencé le saut avec un petit croisillon et plus loin, en ligne droite, une barre au sol. Ulsan a sauté dans une grande mollesse puis a zigzagué avant la barre au sol. Cette dernière est devenue un petit vertical : même constat, elle sautait mollement, mais j’arrivais à prendre assez facilement le galop après le virage.

30.03.12

Cela s’est corsé avec l’ajout d’un oxer après un virage à droite. Ulsan a dérobé une ou deux fois avant de sauter l’oxer depuis l’arrêt (une spécialité de mule, appelée au States Coon Jumping, en vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=kO-ULQOzV6s). Au passage suivant, nouvelles dérobades. François a voulu contrer l’une d’elle, Ulsan est donc partie de l’autre côté de l’obstacle, j’ai perdu l’équilibre, je n’ai pas réussi à le retrouver, pouf, je me suis retrouvée à terre.

Punaise

Heureusement, j’ai eu le reflexe de me mettre à genou et je ne me suis pas fait mal. J’ai rattrapé la mule et zou, je suis repartie au charbon… avec une nouvelle dérobade, puis avec succès (et lenteur) au passage suivant. François a été sympa pour le dernier passage : je n’ai fait que la ligne droite.

Mais punaise, j’étais gonflée à bloc ! J’aurais dû avoir le culot de mettre les rênes dans une main et d’agir avec le stick de l’autre ! Je ne l’ai pas fait parce que j’avais peur de perdre totalement la direction. Gérer direction et impulsion, ça fait beaucoup pour une mal dégourdie comme moi.

Prochain cours, ça va chier !

Punaise

 

*paroles extraite de l’excellente chanson Punaise de mon amoureux secret-même-que-je-vais-me-marier avec-quand-je-serai-grande : Thomas Fersen ! (dans l’album Trois Petits Tours)

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Sites

http://www.bourricot.com/
LE Site des longues zoreilles. Plein de bons conseils et d'humour (voir les Question au Professeur Asinus), ce site, souvent imité mais jamais égalé, est une référence en son genre.

http://www.mulinette.ch/1001.html
Un beau site assez complet sur les mules, leur achat, leur éducation, leurs races...

http://monamiranzo.over-blog.com
Parce qu'il parait qu'il n'y a pas que les mules dans la vie, il y a aussi Ranzo, le cousin d'Ulsan. Il a plus d'éducation que cette dernière (c'est un grand, il a déjà 4 ans!), mais y'a core du boulot, et c'est ce que narre Manue ma belle soeur dans ce blog.

Forum

http://www.bourricot.com/phpBB2/
Le forum du site Bourricot.com. Acheter un âne, soins aux ânes, loger son âne, santé de l'âne, faire un ânon, éducation, l'âne et la loi, randonner avec un âne, l'âne au travail, adoption, profession : ânier.

http://mulinette-romandie.all-up.com/forum.htm
Le forum du site de la mulinette. Il est particulièrement convivial, sympathique et riche. Equitation à dos de mule, soins et divers, la grange à papotte

http://mulesetmulets.forumactif.net/forum.htm
Le forum des mules et des mulets. Un peu plus récent que les deux précédents, donc un peu moins riche, mais très intéressant! Présentations muletières, élevages, mulets à vendre, hybrides à vendre et dates de manifestations muletières.

Saines lectures

Mules et mulets des animaux d'exception, d'Eric Rousseaux
Un très beau livre richement illustré (vieilles cartes postales, dessins, gravures, timbres ou photos actuelles)sur l'histoire de l'industrie mulassière. Le texte, parfois un peu rébarbatif mais très documenté, est ponctué d'extraits littéraires (Alphonse Daudet avec la mule du pape ou encore Victor Hugo en voyage dans les Alpes et les Pyrénées...). Très vivement recommandé!

Mon âne: le comprendre, l'éduquer, jouer avec lui, de Lucie Bland

Ce livre, simple, précis, intelligent, et bien illustré, a été écrit par une jeune fille de 15 ans. J'adore ses méthodes d'éducation, basées sur le respect et la confiance réciproque entre l'ânier et son âne. A mettre d'urgence dans toutes le biblitohèques asines.

Les cahiers de l'âne
La revue des bourricots. Quel dommage qu'elle ne paraisse que tous les deux mois... Et depuis les deux derniers numéros, on peut retrouver un dossier sur les mules!

Voyage avec un âne dans les Cevennes, de Louis Robert Stevenson
En plein questionnement amoureux, l'auteur de L'île au trésor (que je n'ai même pas lu, honte à moi), décide d'aller réfléchir au grand air. Il part donc dans les Cévennes, à la recherche de l'histoire des Camisards. Il prend comme porte-bagage Modestine, une ânesse pas super obéissante (une ânese quoi) qui se prend pas mal de coups dans la tronche. Le courant finit par passer, mais leur belle histoire se finit par la vente de Modestine à l'issue du périple.

Mon amie Flicka et Le fils de Flicka, de Marie O'Hara
Je suis pasée à côté durant mon adolescence. Il faut dire que celle-ci n'a pas été bercée par l'amour des chevaux. Heureusement que Manue, ma belle soeur, et Hélène, ma topine, étaient là pour combler cette insoutenable lacune. Elles m'ont filé les bouquins. Je m'attendais à un truc mièvre et enfantin, et j'ai été agréablement surprise par la rudesse de ce récit. Ma petite U - pas super bien proportionnée il faut bien l'avouer - est-elle comme le Gnome? Je l'espère!

La Grande Histoire du Mulet, d'Adolphe Guénon
Ecrit en 1899 par un officier vétérinaire de l'armée française et réarrangé un peu en 1999 par Jacques Clouteau, le célèbre "papa" de l'âne Ferdinand (Cf le site Bourricot), et acheté dix ans plus tard par la muletière chez une bouquiniste belge, ce livre recèle mille et une anecdotes à la gloire de ce "porte-bât" et ce "philosophe" qu'est le mulet. Animal intelligent, au pied sûr et au sang-froid remarquable, il sait attendre patiemment qu'on vienne lui retirer sa charge pour se dépétrer de toute sortes de situations périlleuses. Ses seuls défauts : un physique ingrat (même si l'auteur admet qu'il existe de beaux modèles) et sa voix ("Quand on a un tel organe, on le cache). Bref, cet ouvrage est à mettre à l'honneur dans notre bibliothèque asine.

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