Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 19:41

Habituellement, durant la mauvaise saison, le dimanche matin est consacré à la ballade des ânes. Mon oncle prend Arthur, ma mère s’occupe de Pink et je monte Mimoun qui m’a finalement acceptée sur son dos sans faire d’histoires. Idem pour le filet et le mors. Je subodore que sa flemme immense l’incite à la non rébellion. Et nous avons récemment réussi à trotter. Même si on est encore loin du Prix d’Amérique, je suis surprise de sa relative obéissance à mes jambes et surtout à ma voix (une sorte de cri primitif hystérique « trrrrrrrrrrrrrrrotter ! »).

Mais ce matin, pas de ballade pour moi. Ce midi, il était prévu de fêter l’anniversaire du père de Pascal, mais mon Namoureux a une fièvre de cheval (ah ah ah) depuis deux jours et nous sommes restés à la maison.

Cependant, après le repas, j’ai lâchement abandonné mon malade pour rejoindre, après 40 minutes de route, ma mule.

Ma mère et mon oncle se sont mis en devoir de me conter leurs péripéties du matin : comment ils avaient d’abord sorti les ânesses pour une mini promenade, trop mini à leur goût puisqu’elles avaient rechigné à rentrer au bercail, puis sorti un Arthur désorienté et perdu sans les copines. Ils m’ont ensuite dit qu’Ulsan avait trouvé une nouvelle maman : « Viens voir ». Nous avons mis (non sans difficulté) un licol à Arthur, nous l’avons sorti de l’étable et hop, une petite mule l’a docilement suivi. Nous avons ainsi fait quelques aller-retour jusqu’à la grand’porte, au pas et au trot, Arthur donnant des ruades de ci de là quand la petite (plus grande que lui au demeurant) le suivait de trop près.

Nous avons alors enfermé le jeune hongre et entrepris de mener nous même Ulsan. Exercice périlleux car cette petite chèvre grimpait partout pour nous échapper.

Puis ma petite famille est partie en vadrouille, me laissant seule pour tenter de toucher mon farouche bébé. Pour qu’elle ne se sente pas trop seule pour ce travail, je l’avais enfermée avec Arthur. Une heure de match, score : un partout. Je l’ai frôlée, elle m’a frôlée. De son postérieur gauche. Sale bête. Dépitée,  je me suis assise dans un coin sombre. Que croyais-je ? Qu’elle allait trottiner autour de moi en disant : « Marie ! Marie ! Comme tu m’as manquée depuis hier ! Tiens, viens voir ce que j’ai gravé sur ce tronc pour toi : Ulsan et Marie,  amies pour la vie. »

Hé, ho ! On n’est pas dans un Walt Disney. Arthur, qui aime bien quand je me fais toute petite, est venu vers moi pour me consoler. Il a posé une patte sur mon épaule et m’a dit : « Aller, baisse pas les bras. Tu te souviens comme je t’en ai fait baver : je tirais au renard quand tu m’attachais, j’étais super chatouilleux quand tu voulais me panser, je bottais quand tu tentais de me curer les pieds, je me suis même cabré lors de notre première sortie. Et maintenant, je suis le plus doux de tous les ânes, le plus sage, le plus docile. »

Je lui ai répondu « Mouais, pas encore tout à fait. Hé ! Mais j’avais dit qu’on n’était pas dans un dessin animé, et chuis pas Shrek moi ! ».

Il allait me rétorquer un truc qui vanne bien, mais la mule l’a bousculé.

J’avais froid, j’en avais marre. J’ai libéré mes zigotos, les rendant à leurs copines, et je suis repartie vers mon chez moi triste comme un ménhir.

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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 18:13
 

- « Pierre m’a dit que ta mule s’est encore sauvée. »

- « Hein ? »

Conversation, hier midi, entre une mère et sa fille.

- « Mais elle a fait comment ? »

- « Elle est passée au dessus des barbelés ».

- « Oh là là. »

Vision d’horreur d’une mule éventrée par les maudits fils, les viscères sanguinolentes dégoulinant du bidon tout doux.

- « Mais ces fils sont aussi hauts que sa tête ! »

- « Au moins ! ».

Rêve de podium en CSO, avec une mule non homologuée.

- « Elle promet ta bête. »

Elle promet.

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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 13:29

Si t’es pas sage, je change ton nom.

Ubu !
Ultimatum !
Uzbek !
Urubu !

Usante !
Unetelle !
Uranium !
Uppercut !

Ulcère !
Urticaire !
Urètre !
Urée !

Urine !
Urinoir !
Usurpatrice !
UMP !

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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 17:23

Aujourd’hui, c’est la grève. Je défile. Je manifeste. Je scande des slogans. « A bas les tête-de-mule ! » « On veut des mules dociles ! » « Pas de foin pour les chafouins ! »

Mais pour de faux.

En réalité, je fais bien grève, mais on va bosser dur avec Ulsan. Notre objectif : réduire la distance minimale d’approche comme on dit en éthologie (je ne parle pas ici de cette mode en vogue dans le monde du chwal, mais de l’étude du comportement animal). Nous commençons par une petite mise en jambe : nous sortons la mule avec son pote Arthur, afin de faire quelques aller-retour au galop. L’âne,  ce gros feignant, est très vite crevé par l’exercice et finit par refuser d’avancer. Nous revenons au paddock. Pink, les zoreilles en arrière, la tête baissée, souffle bruyamment, crachant presque comme un chat furieux, sur mon chevane qui, totalement blasé, ne réagit pas.

Je panse ensuite les ânes, leur fais des démonstrations d’amour à outrance, histoire de dire à ma mule : « Hé ! T’as vu comme je suis gentille. Allez ! Viens te faire capougner toi aussi. ». Mais ça marche pas. Pourtant, ma main touche son museau à plusieurs reprises, et cela me suffit pour être aux anges. Commencerai-je à percer sa bulle ?

Dernier exercice : je la coince dans l’étable. Elle n’est pas contente et cherche à m’intimider en grattant de ses antérieurs. Je l’engueule et tente de la calmer en chantonnant. L’effet de ma voix mélodieuse n’est pas spectaculaire (c’est vexant) mais aujourd’hui, je suis d’humeur optimiste et vois encore une amélioration : la demoiselle ne me présente plus son joli postérieur. Après qu’elle m’ait reniflé la main, je la félicite et nous la libérons.

Peu après, mon oncle et ma mère emmènent Pink pour lui faire faire un petit tour, toute seule, sans sa fifille. Cette dernière ne témoigne aucune émotion. Mais contre toute attente, Ulsan manifeste son désappointement par un petit brainissement. Et quand nous faisons l’échange de Pink contre Ulsan, c’est l’ânesse qui se met à braire.

Je repartirai sans comprendre… et pourquoi qu’elles pleurent pas quand c’est moi qui m'en vais ????

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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 15:33

Voilà donc près de deux ans que je me suis mise à l’équitation. Ce ne fut pas chose facile tant mes à-priori négatifs étaient forts.

Gamine, j’étais raide dingue de Zorro, et encore plus folle du magnifique Tornado. Je chevauchais  cheveux au vent ma bicyclette et m’imaginais galoper sur l’étalon noir. Puis je grandis (un peu, pas beaucoup) et devins une ado blasée limite cynique. Au Panthéon des zanimaux préférés des filles de mon âge s’élevaient dauphins et chevaux. Je les abhorrai donc, et criai haut et fort mon admiration pour le regard globuleux et sidérale ment vide des vaches. Ces bovins n’étaient pas encore à la mode en cette fin des années 80, et mes copines me regardaient de travers avec mes goûts douteux trop décalés. En grandissant encore (un peu, pas beaucoup), je continuais à voir les chevaux comme des êtres hautains et vaniteux, à l’image de leurs cavalières. Pourtant, je goutais aux joies de la balade pour touristes, en vacances avec les copains, et pris un pied pas possible lors de mon premier galop.

Lorsqu’après ma chute asine ridicule je proposai à Manue, ma belle sœur préférée (et unique), de prendre des cours d’équitation, celle-ci –qui avait déjà pratiqué cet art dans sa folle jeunesse – me prévint de la nullité de la plupart des centres équestres et de leur fréquentation par de sales petites bourges. Nous avons donc cherché The Centre, et nous l’avons trouvé pas très loin de chez Manue. Une immense ferme, dont le corps principal datant des années 20 ressemble à une maison hantée, dominant une petite vallée. Pendant un an, nous avons appris à connaître les gens, les lieux, les chevaux, en compagnie de notre monitrice Zaïre. Celle-ci se fit ensuite un peu vertement limoger… changement de monitrice, changement de méthodes. Je mettrai un bon mois à me faire à Séverine et à l’apprécier pleinement. C’est avec elle que je fais mes premières chutes, plus ou moins rigolotes (vive le rodéo avec Amicale la mal nommée), plus ou moins douloureuses (merci Kochia la cochonne… ok, j’étais en tord, comme souvent). C’est à partir de ce moment aussi que nous faisons connaissance avec deux cavaliers hors paire : Hervé le casse-coup, toujours à faire le kéké pour épater ces dames, et Maryse, incarnation de l’élégance et de la modestie. Et c’est enfin le temps pour Messaline de dompter sa nouvelle et décoiffante jument : Petite Rivière.

Régulièrement, nous payons des pots le vendredi, après le cours. Hier soir, c’était au tour d’Hélène de fêter sa première chute qu’elle a longtemps appréhendé. Mais tout s’est relativement bien passé quand elle a été éjectée du dos de Gullivers.

Nous avons souvent la peur au ventre quand nous montons. Peur de cette fameuse chute, qui arrive même aux meilleurs d’entre nous : notre héros du vendredi soir, Hervé, n’est remonté qu’une fois depuis qu’il a chu de son Happy boy. Elle est là, tapie au creux de notre estomac, mais il y a l’ambiance, toujours joyeuse, avec des cavaliers ni hautains, ni vaniteux, et il y a les chevaux – qui ne sont certes pas aussi marrants que les ânes, hi han ! hi han !- qui ont chacun leur personnalité plus ou moins attachante. On a toutes dans l’cœur une Flicka, une Tenuto ou une Etincelle qui nous ont aidé à (re)mettre le pied à l’étrier !

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Sites

http://www.bourricot.com/
LE Site des longues zoreilles. Plein de bons conseils et d'humour (voir les Question au Professeur Asinus), ce site, souvent imité mais jamais égalé, est une référence en son genre.

http://www.mulinette.ch/1001.html
Un beau site assez complet sur les mules, leur achat, leur éducation, leurs races...

http://monamiranzo.over-blog.com
Parce qu'il parait qu'il n'y a pas que les mules dans la vie, il y a aussi Ranzo, le cousin d'Ulsan. Il a plus d'éducation que cette dernière (c'est un grand, il a déjà 4 ans!), mais y'a core du boulot, et c'est ce que narre Manue ma belle soeur dans ce blog.

Forum

http://www.bourricot.com/phpBB2/
Le forum du site Bourricot.com. Acheter un âne, soins aux ânes, loger son âne, santé de l'âne, faire un ânon, éducation, l'âne et la loi, randonner avec un âne, l'âne au travail, adoption, profession : ânier.

http://mulinette-romandie.all-up.com/forum.htm
Le forum du site de la mulinette. Il est particulièrement convivial, sympathique et riche. Equitation à dos de mule, soins et divers, la grange à papotte

http://mulesetmulets.forumactif.net/forum.htm
Le forum des mules et des mulets. Un peu plus récent que les deux précédents, donc un peu moins riche, mais très intéressant! Présentations muletières, élevages, mulets à vendre, hybrides à vendre et dates de manifestations muletières.

Saines lectures

Mules et mulets des animaux d'exception, d'Eric Rousseaux
Un très beau livre richement illustré (vieilles cartes postales, dessins, gravures, timbres ou photos actuelles)sur l'histoire de l'industrie mulassière. Le texte, parfois un peu rébarbatif mais très documenté, est ponctué d'extraits littéraires (Alphonse Daudet avec la mule du pape ou encore Victor Hugo en voyage dans les Alpes et les Pyrénées...). Très vivement recommandé!

Mon âne: le comprendre, l'éduquer, jouer avec lui, de Lucie Bland

Ce livre, simple, précis, intelligent, et bien illustré, a été écrit par une jeune fille de 15 ans. J'adore ses méthodes d'éducation, basées sur le respect et la confiance réciproque entre l'ânier et son âne. A mettre d'urgence dans toutes le biblitohèques asines.

Les cahiers de l'âne
La revue des bourricots. Quel dommage qu'elle ne paraisse que tous les deux mois... Et depuis les deux derniers numéros, on peut retrouver un dossier sur les mules!

Voyage avec un âne dans les Cevennes, de Louis Robert Stevenson
En plein questionnement amoureux, l'auteur de L'île au trésor (que je n'ai même pas lu, honte à moi), décide d'aller réfléchir au grand air. Il part donc dans les Cévennes, à la recherche de l'histoire des Camisards. Il prend comme porte-bagage Modestine, une ânesse pas super obéissante (une ânese quoi) qui se prend pas mal de coups dans la tronche. Le courant finit par passer, mais leur belle histoire se finit par la vente de Modestine à l'issue du périple.

Mon amie Flicka et Le fils de Flicka, de Marie O'Hara
Je suis pasée à côté durant mon adolescence. Il faut dire que celle-ci n'a pas été bercée par l'amour des chevaux. Heureusement que Manue, ma belle soeur, et Hélène, ma topine, étaient là pour combler cette insoutenable lacune. Elles m'ont filé les bouquins. Je m'attendais à un truc mièvre et enfantin, et j'ai été agréablement surprise par la rudesse de ce récit. Ma petite U - pas super bien proportionnée il faut bien l'avouer - est-elle comme le Gnome? Je l'espère!

La Grande Histoire du Mulet, d'Adolphe Guénon
Ecrit en 1899 par un officier vétérinaire de l'armée française et réarrangé un peu en 1999 par Jacques Clouteau, le célèbre "papa" de l'âne Ferdinand (Cf le site Bourricot), et acheté dix ans plus tard par la muletière chez une bouquiniste belge, ce livre recèle mille et une anecdotes à la gloire de ce "porte-bât" et ce "philosophe" qu'est le mulet. Animal intelligent, au pied sûr et au sang-froid remarquable, il sait attendre patiemment qu'on vienne lui retirer sa charge pour se dépétrer de toute sortes de situations périlleuses. Ses seuls défauts : un physique ingrat (même si l'auteur admet qu'il existe de beaux modèles) et sa voix ("Quand on a un tel organe, on le cache). Bref, cet ouvrage est à mettre à l'honneur dans notre bibliothèque asine.

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