Hier, profitant du soleil radieux mâtiné d’un soupçon de vent, Pascal et moi sommes allés à la rencontre de Madame B., propriétaire d’une petite pâture qu’elle laisserait volontiers à la disposition des ânes. Nous avons été accueillis chaleureusement par sa fille, puis sa mère nous a rejoints et toutes les deux nous ont montré le terrain. Situé derrière une maison, il n’est pas très grand, mais il est judicieusement séparé en deux. Les longues zoreilles ne devraient pas prendre trop de temps pour le remettre en état. La fille nous a ensuite emmené à la sortie du village pour visiter une autre pâture inutilisée. 4000 m2 bordés de haies sur les trois quart et longé par une maison sur son côté gauche. Le propriétaire de la maison ne semblait pas apprécier le voisinage des chevaux qui, selon lui, poussaient sa clôture. En ressortant, nous nous sommes faits alpaguer par une dame habitant de l’autre côté de la rue. Elle s’est plainte du fait qu’il n’y avait plus de barrière, que tout le monde passait par là, que ça ne faisait pas propre alors qu’elle prenait soin de son jardinet pour améliorer les abords du village. Je lui ai fait remarquer qu’une pâture n’était pas vraiment un gazon anglais, mais elle n’écoutait rien. Nous nous sommes éloignés, tandis que Madame B. junior nous expliquait que cette dame se plaignait sans cesse au maire… « Les gens sont méchants » a-t-elle conclu. Elle, en tout cas, est rudement gentille. Les zânes et ma mule seront heureux même si entourés de crétins.
Zânes et mule que j’ai retrouvés avec joie ce matin. D’abord câliner Ulsan : cool, ça s’est bien passé. Réconfortée, je suis allée chercher la longe : petits cliquetis le long de l’encolure et de plus en plus près de l’anneau : hop, la voilà accrochée ! Hop, voilà Marie qui valdingue, tient un peu et lâche tout un peu surprise par la force de la mule. Encore cinq bonnes minutes à la poursuivre gentiment, à lui parler, j’ai fini par la caresser et hop, à nouveau accrochée ! Revaldingage, mais j’ai tenu bon. Nous sommes arrivées ainsi dans l’étable : en compagnie de Pink, Pierre gardant la porte, nous avons travaillé un peu plus d’une demi-heure. La rassurer, lâcher un peu du mou quand elle ne bougeait plus et commencer à lui demander la tête sur le côté et lui faire bouger les hanches sans que les antérieurs ne se déplacent. Exercice pas facile. Quelques réussites au milieu de tentatives brouillonnes. J’ai voulu finir en la caressant, mais impossible d’atteindre ses épaules. C’est finalement grâce à Pierre, qui se trouvait au niveau de sa croupe et qui l’a gratouillé, que j’ai réussi. Pour la libérer dans le calme, j’ai mis la main de plus en plus près de museau, zone qu’elle n’aime toujours pas qu’on approche, tout en gratouillant la longe. J’ai fait cliqueter le mousqueton et je l’ai libérée. Elle est sortie tranquillement de l’étable. Juste après le repas, j’ai voulu la caresser en liberté, mais ce fut très difficile : juste une gratouille ou deux sur les fesses.
Je ne suis pas totalement mécontente de la séance. Une fois dans l’étable, elle ne s’est pas vraiment cabrée, mais il est vrai qu’elle était très stressée (yeux cerclés de blanc et diarrhées). Demain, je retourne au turbin, tout en sachant qu’il faudra regagner sa confiance.
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