Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 20:53

Hier, profitant du soleil radieux mâtiné d’un soupçon de vent, Pascal et moi sommes allés à la rencontre de Madame B., propriétaire d’une petite pâture qu’elle laisserait volontiers à la disposition des ânes. Nous avons été accueillis chaleureusement par sa fille, puis sa mère nous a rejoints et toutes les deux nous ont montré le terrain. Situé derrière une maison, il n’est pas très grand, mais il est judicieusement séparé en deux. Les longues zoreilles ne devraient pas prendre trop de temps pour le remettre en état. La fille nous a ensuite emmené à la sortie du village pour visiter une autre pâture inutilisée. 4000 m2 bordés de haies sur les trois quart et longé par une maison sur son côté gauche. Le propriétaire de la maison ne semblait pas apprécier le voisinage des chevaux qui, selon lui, poussaient sa clôture. En ressortant, nous nous sommes faits alpaguer par une dame habitant de l’autre côté de la rue. Elle s’est plainte du fait qu’il n’y avait plus de barrière, que tout le monde passait par là, que ça ne faisait pas propre alors qu’elle prenait soin de son jardinet pour améliorer les abords du village. Je lui ai fait remarquer qu’une pâture n’était pas vraiment un gazon anglais, mais elle n’écoutait rien. Nous nous sommes éloignés, tandis que Madame B. junior nous expliquait que cette dame se plaignait sans cesse au maire… « Les gens sont méchants » a-t-elle conclu. Elle, en tout cas, est rudement gentille. Les zânes et ma mule seront heureux même si entourés de crétins.

Zânes et mule que j’ai retrouvés avec joie ce matin. D’abord câliner Ulsan : cool, ça s’est bien passé. Réconfortée, je suis allée chercher la longe : petits cliquetis le long de l’encolure et de plus en plus près de l’anneau : hop, la voilà accrochée ! Hop, voilà Marie qui valdingue, tient un peu et lâche tout un peu surprise par la force de la mule. Encore cinq bonnes minutes à la poursuivre gentiment, à lui parler, j’ai fini par la caresser et hop, à nouveau accrochée ! Revaldingage, mais j’ai tenu bon. Nous sommes arrivées ainsi dans l’étable : en compagnie de Pink, Pierre gardant la porte, nous avons travaillé un peu plus d’une demi-heure. La rassurer, lâcher un peu du mou quand elle ne bougeait plus et commencer à lui demander la tête sur le côté et lui faire bouger les hanches sans que les antérieurs ne se déplacent. Exercice pas facile. Quelques réussites au milieu de tentatives brouillonnes. J’ai voulu finir en la caressant, mais impossible d’atteindre ses épaules. C’est finalement grâce à Pierre, qui se trouvait au niveau de sa croupe et qui l’a gratouillé, que j’ai réussi. Pour la libérer dans le calme, j’ai mis la main de plus en plus près de museau, zone qu’elle n’aime toujours pas qu’on approche, tout en gratouillant la longe. J’ai fait cliqueter le mousqueton et je l’ai libérée. Elle est sortie tranquillement de l’étable. Juste après le repas, j’ai voulu la caresser en liberté, mais ce fut très difficile : juste une gratouille ou deux sur les fesses.

Je ne suis pas totalement mécontente de la séance. Une fois dans l’étable, elle ne s’est pas vraiment cabrée, mais il est vrai qu’elle était très stressée (yeux cerclés de blanc et diarrhées). Demain, je retourne au turbin, tout en sachant qu’il faudra regagner sa confiance.

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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 15:11

Regagner sa confiance. C’est ce que j’écrivais jeudi. Et c’est ce que je tentai de mettre en application vendredi après-midi. Quand j'arrivai, une famille admirait notre troupeau. La mule reniflait de loin les mains tendues. J’avais bon espoir de passer une agréable séance. Les gens partis, je rentrai dans le paddock et brossais mon petit monde. Ulsan ne me laissa pas aller loin : je ne pus brosser que l’arrière main. Quand je voulais l’aborder par les épaules, elle se retournait et me montrait ses fesses… Je refis du bouge de là, elle s’en énerva, commença à trottiner chaque fois que je lui demandais d’avancer, elle finit par son fameux galop furieux durant lequel elle envoya une belle ruade dans ma direction. Je ne la pensais plus coutumière du fait et fus très déçue par son attitude.
Avec Pierre, nous finîmes par la mettre dans l’étable en compagnie de Pink et je dus reprendre la chambrière. A la fin, je réussis furtivement à gratouiller à l’arrière de l’épaule.
Ce week-end, je ne peux pas m’en occuper et je stresse de plus en plus à l’idée du prochain déménagement asin et muletier.

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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 18:10
Mardi midi, j’ai mangé chez ma mère. A peine arrivée, elle m’a dit d’un air tragique que la mule avait perdu la moitié de son licol. J’ai téléphoné au tonton : « un mousqueton pendouille, elle risque d’accrocher le précieux licol et de l’enlever » m’a-t-il informé. « Je passerai ce soir » lui ai-je répondu rassurante (tu parles, je savais bien que je n’arriverais pas à y faire grand-chose). Je suis rentrée du boulot un peu crevée, un peu à cran et j’ai consulté le répondeur, qui m’a transmis une nouvelle inquiétante : ma grande tante devait être hospitalisée. Belle soirée en perspective. Je suis allée rejoindre ma petite famille dans la jolie ville d’…….. Pierre et ma mère m’ont accueillie, ils n’avaient pas plus d’informations, le monde hospitalier aimant à entretenir le secret… Il fallait attendre 20h pour téléphoner et éventuellement visiter notre malade aux urgences. En attendant, Pierre et moi sommes allés voir ce que nous pouvions faire pour Ulsan. Par un miracle inespéré, j’ai réussi à caresser son épaule sans difficulté. Sans doute s’est-elle rendue compte qu’elle était beaucoup trop docile pour une fougueuse mule de son espèce, toujours est-il qu’elle ne s’est ensuite plus laissée approcher. Armée de ma chambrière, je l’ai poursuivie inlassablement, la laissant tranquille à chacun de ses arrêts, la félicitant chaque fois qu’elle me regardait. Elle s’est payée quelques joyeux galops et a fini par s’épuiser. Sa tête commençait à fléchir et ses yeux se fermer. J’ai repris les caresses de loin par l’intermédiaire du fouet. Nous l’avons ensuite mise dans l’étable, avec Pink dans un premier temps puis seule. Comme elle était sage et ne s’affolait pas d’être séparée des autres ! J’ai continué les caresses à distance et je la punissais par une tape sur les fesses (amis de la SPA, insurgez-vous !) quand elle me montrait les fesses. Elle a d’ailleurs vite compris et se retournait quand je lui demandais. Pierre est allé chercher de l’herbe et des pissenlits, je me suis accroupie pour les donner à Ulsan, et en même temps qu’elle chipait vite fait la pitance, je la gratouillais avec un stick sur le poitrail. Je la pensais mûre pour des caresses en direct, mais elle s’est de nouveau énervée. 20 heures ont sonné, nous avons dû tout laisser en plan… Aujourd’hui, je ne sais pas comment va la mule, mais ma grande tante semble aller beaucoup mieux.
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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 18:57

Comme tous les jeudis, nous voici à la ferme à tenter d’apprivoiser la mule. Repartir quasiment du début, c’est éprouvant pour les nerfs. Pourtant, comme hier, j’ai réussi en arrivant à la caresser à l’épaule. Puis, impossible de réitérer l’exploit. J’ai recommencé le travail d’approche avec le stick. Résultat plus ou moins probant, puisque je n’ai pu la gratouiller qu’au niveau de la croupe. Je l’ai enfermée avec Arthur dans l’étable, elle ne montrait plus trop les fesses. Artur en a profité pour pousser la porte et s’évader dans la cour. Sa copine de jeu s’est largement affolée et a accueilli le fugueur par des petits brainissements heureux. J’ai tenté de la garder seule dans l’étable, mais elle était très agitée. Quelques feuilles de pissenlit ne l’ont pas rasséréné.

Un bout de licol continue de pendouiller lamentablement. Je ne sais pas quand je parviendrais à lui remettre. Et le temps qui défile à une vitesse supersonique !

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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 17:10

Bonnes fête les cloches, comme dirait ma charmante nièce (répétant les paroles de ma charmante belle-sœur). Ce matin, la peau du ventre tendue par le chocolat ingurgité la veille, je me suis réveillée relativement tôt (pas trop non plus, faut pas déconner en ce jour férié). J’ai pris la route, qui se cachait derrière un épais brouillard, il faisait assez frais. Je suis passée dire bonjour à ma grande tante, en permission pour le week-end (elle retourne à l’hôpital mardi). Puis j’ai rejoint les grandes zoreilles. Caresse à l’épaule d’Ulsan… je me suis aventurée jusqu’à l’encolure et elle s’est laissée faire quelques secondes. Tournée générale de caresses ! J’avais décidé de passer une matinée cool, à me poser dans un coin du paddock, observer et me faire observer. Pour passer le temps, j’avais pris mon bouquin pour réviser le galop 3 (est-ce ridicule à mon âge de passer cet examen que mes gamines de sixième passent également cette année ??). Me voyant assise, Arthur n’a pas raté l’occasion de se faire gratouiller. Ulsan est venue pointer le bout de son nez par curiosité et a continué à vaquer à ses occupations. Les ânesses sont aussi venues voir en passant. Après avoir potassé l’assiette et la coordination des aides, j’ai voulu un peu d’action et j’ai pansé tout le monde, Ulsan comprise. Nous n’en sommes pas encore au pansage complet, nous nous contentons de subir la brosse dur de la croupe à l’encolure (avec un léger agacement). Ce coquin d’Arthur a profité du moment pour me chiper mon bouquin : si je ne l’avais pas interrompu, il me l’aurait bouffé. L’intermède passé, je me suis remise aux gratouillages d’Ulsan, en reprenant les bases, c'est-à-dire le massage du couard et remonter progressivement jusqu’à la crinière. Nous étions presque revenues au meilleur niveau d’approche. Je l’ai finalement enfermée avec Pink et tandis qu’elles mangeaient, j’étais à quatre pattes pour passer le stick sur la tête de la mule. Elle s’est stoïquement laissée faire, ma main la frôlait quasiment. Encore un mystère à éclaircir : pourquoi je peux atteindre toutes les parties de son corps (même les oreilles !) avec un bâton mais pas avec mes mains ? J’en toucherai deux mots à Sherlock Holmes.

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Sites

http://www.bourricot.com/
LE Site des longues zoreilles. Plein de bons conseils et d'humour (voir les Question au Professeur Asinus), ce site, souvent imité mais jamais égalé, est une référence en son genre.

http://www.mulinette.ch/1001.html
Un beau site assez complet sur les mules, leur achat, leur éducation, leurs races...

http://monamiranzo.over-blog.com
Parce qu'il parait qu'il n'y a pas que les mules dans la vie, il y a aussi Ranzo, le cousin d'Ulsan. Il a plus d'éducation que cette dernière (c'est un grand, il a déjà 4 ans!), mais y'a core du boulot, et c'est ce que narre Manue ma belle soeur dans ce blog.

Forum

http://www.bourricot.com/phpBB2/
Le forum du site Bourricot.com. Acheter un âne, soins aux ânes, loger son âne, santé de l'âne, faire un ânon, éducation, l'âne et la loi, randonner avec un âne, l'âne au travail, adoption, profession : ânier.

http://mulinette-romandie.all-up.com/forum.htm
Le forum du site de la mulinette. Il est particulièrement convivial, sympathique et riche. Equitation à dos de mule, soins et divers, la grange à papotte

http://mulesetmulets.forumactif.net/forum.htm
Le forum des mules et des mulets. Un peu plus récent que les deux précédents, donc un peu moins riche, mais très intéressant! Présentations muletières, élevages, mulets à vendre, hybrides à vendre et dates de manifestations muletières.

Saines lectures

Mules et mulets des animaux d'exception, d'Eric Rousseaux
Un très beau livre richement illustré (vieilles cartes postales, dessins, gravures, timbres ou photos actuelles)sur l'histoire de l'industrie mulassière. Le texte, parfois un peu rébarbatif mais très documenté, est ponctué d'extraits littéraires (Alphonse Daudet avec la mule du pape ou encore Victor Hugo en voyage dans les Alpes et les Pyrénées...). Très vivement recommandé!

Mon âne: le comprendre, l'éduquer, jouer avec lui, de Lucie Bland

Ce livre, simple, précis, intelligent, et bien illustré, a été écrit par une jeune fille de 15 ans. J'adore ses méthodes d'éducation, basées sur le respect et la confiance réciproque entre l'ânier et son âne. A mettre d'urgence dans toutes le biblitohèques asines.

Les cahiers de l'âne
La revue des bourricots. Quel dommage qu'elle ne paraisse que tous les deux mois... Et depuis les deux derniers numéros, on peut retrouver un dossier sur les mules!

Voyage avec un âne dans les Cevennes, de Louis Robert Stevenson
En plein questionnement amoureux, l'auteur de L'île au trésor (que je n'ai même pas lu, honte à moi), décide d'aller réfléchir au grand air. Il part donc dans les Cévennes, à la recherche de l'histoire des Camisards. Il prend comme porte-bagage Modestine, une ânesse pas super obéissante (une ânese quoi) qui se prend pas mal de coups dans la tronche. Le courant finit par passer, mais leur belle histoire se finit par la vente de Modestine à l'issue du périple.

Mon amie Flicka et Le fils de Flicka, de Marie O'Hara
Je suis pasée à côté durant mon adolescence. Il faut dire que celle-ci n'a pas été bercée par l'amour des chevaux. Heureusement que Manue, ma belle soeur, et Hélène, ma topine, étaient là pour combler cette insoutenable lacune. Elles m'ont filé les bouquins. Je m'attendais à un truc mièvre et enfantin, et j'ai été agréablement surprise par la rudesse de ce récit. Ma petite U - pas super bien proportionnée il faut bien l'avouer - est-elle comme le Gnome? Je l'espère!

La Grande Histoire du Mulet, d'Adolphe Guénon
Ecrit en 1899 par un officier vétérinaire de l'armée française et réarrangé un peu en 1999 par Jacques Clouteau, le célèbre "papa" de l'âne Ferdinand (Cf le site Bourricot), et acheté dix ans plus tard par la muletière chez une bouquiniste belge, ce livre recèle mille et une anecdotes à la gloire de ce "porte-bât" et ce "philosophe" qu'est le mulet. Animal intelligent, au pied sûr et au sang-froid remarquable, il sait attendre patiemment qu'on vienne lui retirer sa charge pour se dépétrer de toute sortes de situations périlleuses. Ses seuls défauts : un physique ingrat (même si l'auteur admet qu'il existe de beaux modèles) et sa voix ("Quand on a un tel organe, on le cache). Bref, cet ouvrage est à mettre à l'honneur dans notre bibliothèque asine.

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